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Togo/CEPD 2021 : cette lettre d’explication d’un enseignant à son conseiller pédagogique fait des remous

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Suite aux résultats du CEPD de cette année 2021, un Conseiller pédagogique d’une école d’enseignement catholique a demandé une lettre d’explication à un enseignant de CM2 pour mauvais résultat. La réponse de l’enseignant ne s’est pas fait attendre.

Monsieur le Conseiller Pédagogique,

J’accuse réception à votre lettre du 25 juillet 2021 faisant objet, « demande d’explications pour mauvais résultat au CEPD 2021. »

Permettez-moi, Monsieur le Conseiller Pédagogique, de partir de l’aspect physique de votre lettre avant de toucher les termes de son contenu.

Monsieur le Conseiller Pédagogique, vous avez pleinement droit à vous exprimer au nom de la direction diocésaine de l’enseignement catholique de Lomé (DDEC-Lomé) qui est une institution de renom. Mais, ne voyez-vous pas que la forme manuscrite photocopiée de votre lettre officiellement adressée à moi affiche généralement les conditions inadéquates dans lesquelles nous travaillons et que celle-ci ternit l’image de la DDEC-Lomé ?

Ensuite, votre lettre est signée le dimanche 25 juillet 2021 le jour où presque toutes les institutions administratives ferment leurs portes au Togo. Je suis très confus.

Venant à l’objet de votre courrier de « demande d’explications » à un employé suite à une faute commise ou crime commis, il faut au maximum une durée de 72 heures selon la législation au Togo.

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Tel n’est pas le cas à votre niveau. Votre date butoir mentionnée est le mercredi 28 juillet 2021 alors que je prenais connaissance de votre correspondance le lundi 26 juillet 2021 à 11 h 30 min auprès de mon chef d’établissement. Faute de temps insuffisant, explications inappropriées.

Monsieur le Conseiller Pédagogique, j’ose croire que la demande d’une lettre d’explications est liée à une faute commise ou crime commis. Cependant, ce dont vous m’accusez aujourd’hui, après 17 ans de service sans aucun bulletin de paye, est d’avoir 41 candidats présentés et seuls 22 élèves sont admis soit 53,65 % que vous appréciez « mauvais résultat. »

S’il vous plaît, à ma connaissance et qualité d’enseignant, ce pourcentage est d’une appréciation ‘’passable’’. Et je ne m’en réjouis pas du tout !

Avec tous les respects que je vous dois, Monsieur le Conseiller Pédagogique, je n’ai pas enseigné les 22 candidats admis chez moi à la maison. Tous ont suivi les mêmes cours dans la même classe.

Franchement, je suis moi aussi troublé dans mon subconscient face à ce pourcentage au lendemain de la proclamation des résultats du CEPD 2021. Je n’arrive pas à me remettre et je ne sais si j’y arriverai. Mon intellect refuse d’y croire et mon entendement continue de résister à l’admettre !

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Car ce pourcentage est le tout premier enregistré depuis le début de ma vie professionnelle. Confère aux archives de la DDEC-Lomé.

Maintenant Monsieur le Conseiller Pédagogique, le seuil de 75 % évoqué dans votre lettre est légiféré par quel document : le précis de législation ? Le code du travail ? La convention collective interprofessionnelle ? Le statut et le règlement intérieur de l’enseignement catholique du Togo ? Ou bien le contrat du travail ? S’il vous plaît, je ne me retrouve plus…

Monsieur le Conseiller Pédagogique, je me rappelle que lors de nos différentes formations, vous nous avez interdit l’emploi des mots comme ‘’mauvais, mal, nul… ’’ pour apprécier les notes ou résultats des apprenants, car ces mots précités constitueraient des injures ou insultes à leur égard. Nous voici aujourd’hui face à une terrible violation de la même interdiction de votre part. Je vous signale que je suis très indigné face à cette insulte à ma personne.

Oui, vous avez raison. Hier, c’était l’actuel Directeur Diocésain qui m’avait traité de « mouton » au moment de nos revendications et, vous venez lui emboîtez le pas. Je prends acte. Mais notez que je ne bénéficie pas de primes de fonctionnement auprès de la DDEC-Lomé, pas même un millimètre cube.

C’est plutôt vous qui en prenez et jusqu’aux primes pour le compte des évaluations mensuelles des classes et par groupe scolaire. De grâce, ne cherchez pas à me traiter d’enseignant ingrat ! Je paie les frais de scolarité à mon propre enfant que j’enseigne. En revanche, c’est la même DDEC-Lomé qui est allé loin en falsifiant ma date d’embauche sur le formulaire de déclaration et d’immatriculation à la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à mon insu la dernière fois.

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Dossier en suspens. Et voilà que vous m’insultez de ‘’mauvais enseignant’’. Je m’excuse beaucoup pour cette prestation qui me coûte et me fait avilir.

Devant cette situation, Monsieur le Conseiller Pédagogique, quelle appréciation l’on pourrait désormais donner aux notes suivantes obtenues par un élève : 11 sur 20 en mathématiques ; 06 sur 10 en calcul mental et 02 sur 10 en sciences humaines (Histo-géo) ?

Monsieur le Conseiller Pédagogique, je suis amèrement bouleversé, abasourdi psychologiquement par rapport à votre demande dépourvue de mots de courtoisie.

Sur ce, notons ensemble que l’école est à l’image d’une équipe de football. Pour passer de victoire en victoire, il va falloir que tous les compartiments sollicités fassent preuve de leurs obligations et de responsabilité.

Veuillez recevoir, Monsieur le Conseiller Pédagogique, mes plus forts sentiments d’indignation.

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