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Histoires Vécues

Les chroniques d’Amé: j’ai vu ma mère mettre du poison dans le repas de sa coépouse

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Les chroniques d’Amé

J’AI VU MA MÈRE METTRE DU POISON DANS LE REPAS DE SA COÉPOUSE. J’ÉTAIS ENCORE Q’UN PETIT GARÇON MAIS JAMAIS JE N’OUBLIERAI QUE MA MÈRE VOULAIT TUER NOTRE PÈRE ET SA NOUVELLE FEMME.

Recueilli et publié par Amé Océane CODJIA.

Bonsoir chers lecteurs.

Cette histoire que je m’apprête à vous raconter est la nôtre ; celle de notre famille. Je ne peux en parler auprès des miens car j’ai dû garder un lourd secret toute ma vie. J’étais petit, à peine 10, 11 ans, lorsque je vis de mes propres yeux notre mère sortir de la cuisine de sa coépouse. Cette nuit-là, toute la maison fut remplie de cris, de larmes, parce que la seconde épouse de notre père venait de rendre l’âme après s’être plainte de douleurs au ventre.

Mon père était un fonctionnaire d’état. Avec ma mère, ils avaient été ensemble depuis 16 ans avant ma naissance. Maman nous racontait à chaque fois comment elle avait souffert avec papa, comment elle l’avait soutenu durant son chômage après les études.

Mon père n’avait pas facilement trouvé du travail alors ce fut à ma mère de faire quelques commerces pour payer ses études car ses parents n’en avaient point les moyens, et surtout de subvenir à leurs besoins. Elle était persuadée que jamais il ne la trahirait après tous ces sacrifices alors elle fut dévastée lorsque presque 26 ans après, papa l’informa de son désir d’épouser une jeune fille d’à peine 25 ans.

Notre mère pleura les larmes de son corps mais papa n’en fut point touché ni découragé dans son élan de ramener cette jeune femme dans notre maison.

Il avait réussi, deux maisons dont une, mise en location et la seconde, nous l’habitions et elle devait également accueillir la coépouse de maman.

Maman lutta pour contrer cette décision mais les frères de mon père lui demandèrent de laisser faire car le fait de refuser une coépouse était un manque d’amour et de soumission envers son époux.

Au final elle abdiqua et le mariage traditionnel fut célébré à très grande pompe car papa avait été promu Directeur financier du Ministère dans lequel il travaillait et s’il tenait tant à ce remarier, c’était parce qu’il trouvait subitement notre mère pas « digne de lui ». Elle n’était ni instruite ni civilisée pour son nouveau rang.

« Une femme villageoise comme toi me foutra la honte aux cérémonies officielles. Je te l’ai toujours dit tu ne fais aucun effort et durant toutes ces années tu n’en as jamais fait pour relever ton niveau. Je suis désolée mais ce dont j’ai besoin ce n’est plus ça… ».

Les querelles ne manquaient pas à la maison. Mon père avait fini par mettre les affaires de notre maman dans une chambre secondaire et avait fait aménager leur chambre conjugale en prélude à l’arrivée de sa nouvelle épouse.

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Je voyais maman pleurer assez souvent mais elle le cachait très bien. Les nuits, elle les passait à ruminer sa colère et douleur pendant que notre papa dormait dans les bras de sa nouvelle femme.

En vrai, maman n’avait pas eu le choix, elle aurait aimé partir mais papa lui avait fait comprendre que si elle osait partir il nous mettrait nous ses trois enfants parce que notre benjamine avait à peine deux ans et demi, et le cadet 6 dehors et nous couperait les vivres par la même occasion.

La nouvelle femme de papa était instruite, en tout cas assez pour trouver un travail bien rémunéré dans un bureau d’un autre ministère. Elle était Secrétaire, toujours bien mise, elle avait des aires hautaines et nous parlait comme à des moins que rien.

Dès qu’elle arriva dans la maison, elle changea toutes les règles. Le portail devait-être fermé à une heure donnée, nous les enfants n’avions pas le droit de venir nous installer au salon pour regarder la télévision, nous n’en n’étions point dignes. Elle nous commandait mais le pire dans l’histoire est qu’un beau matin, notre père décida de ne plus payer nos scolarités à mon frère et moi.

Maman exaspérée de demander et surtout de nous voir renvoyés de l’école à chaque fois, finis par réclamer avec des cris et des pleurs cet argent à mon père en présence de sa femme et une bagarre éclata. Papa frappa copieusement maman sous les yeux rieurs de sa coépouse et l’abandonna dans la poussière dans la cour avec nous.

Maman ne digéra pas cette humiliation et toute cette nuit, elle la passa à maudire notre père. Le lendemain, elle alla vendre un de ses bijoux en or qu’elle avait gardé si précieusement pour ses vieux jours et nous ramena à l’école.

Après cet incident, notre belle-mère continua à lui lancer des piques, à la narguer, la dénigrer et un beau matin, alors que nous nous apprêtions à nous rendre à l’école, un mécanicien ramena une voiture neuve dans la cour de la maison.

Papa torse nu, sortit de sa chambre, tout fier de son nouvel achat, suivi de sa femme qui haut perchée regardait le véhicule avec envie. Il échangea avec cet homme puis retira la clé et se tournant vers sa femme, et la lui tendit.

– Pour ton anniversaire mon amour.

Nos yeux s’ouvrirent grandement. Papa venait d’offrir une voiture à sa nouvelle femme sous les yeux de notre maman. Je sentis la paume de main de maman exercer une pression sur ma main. Elle les regarda pendant un instant puis se retourna et nous amena à l’école. Lorsqu’elle voulut repartir à la maison, je vis ses yeux se remplir de larmes mais elle les cacha derrière son plus large sourire.

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Le soir, de retour de l’école, je demandai à mon père pourquoi notre maman n’avait jamais eu droit à sa voiture à elle et pourtant elle devait nous amener à l’école à pieds. Il me toisa du regard et me demanda de ne pas l’embêter.

« De plus comment aurait-elle pu conduire, elle ne sait même pas lire ni écrire, elle ne sait absolument rien faire à part cuisiner et s’occuper de vous ses enfants et même ça… Avec quelle tête allait-elle conduire la voiture ? » . Il avait parlé avec une ironie si désagréable que je me levai du salon et rentra dans la chambre à coucher. En passant, je croisai maman dans le couloir. Elle avait tout entendu et même les rires de sa coépouse après les dits de leur époux.

Cette nuit, maman avait tellement pleuré que j’en perdis le sommeil. Elle se parlait et se recroquevillait sur elle-même. On aurait dit qu’elle ressentait plus une douleur physique que morale. Je lui disais :

– Maman, quand je serai grand moi-même je t’achèterai une voiture tu verras.

Elle pleurait de plus belle et serrait dans ses mains le drap de lit froissé. Je finis par m’endormir et au petit matin, je la retrouvai dehors, en train de balayer la cour comme si de rien. Elle nous doucha comme à son habitude puis nous accompagna à l’école. A midi, lorsqu’elle nous ramena à la maison, elle nous ordonna d’aller faire la sieste après le déjeuner et comme à mon habitude, enfant très têtu, je tournai et me retournai sur le lit puis l’envie me pris de sortir. J’ouvris la porte et vit maman sortir de la cuisine de sa coépouse. Chose bizarre mais cette dernière ne laissait jamais sa clé à une autre personne que sa domestique ou à notre père. Je ne compris donc pas ce qu’y faisait ma maman mais par peur de me faire bastonner, je retournai me coucher.

La nuit, je fus réveillée par un grand cri. C’était papa qui appelait sa femme en vain. Nous dormions lorsqu’il rentra à la maison. Mais de ce que nous avait raconté notre maman, papa avait découvert sa femme allongée par terre au salon. Elle ne respirait plus. Il n’eut pas le temps de l’envoyer à l’hôpital, elle était déjà froide comme de la glace.

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Elle avait servi le repas ce soir-là et comme papa ne rentrait pas, elle avait fini par manger avant lui. Le repas fut empoisonné par notre maman qui avait pris la peine de faire le double des clés de la cuisine de sa coépouse et avait simplement versé du poison dans la nourriture dans l’optique de les tuer tous deux, mon père et sa femme. Malheureusement, ce ne fut que l’épouse qui mourut. Papa était bel et bien en vie.

A son retour de la morgue, perdu, dévasté, il se rua sur notre mère et la couvrit de coups.

« Sorcière, diable, tu es une meurtrière, je sais que c’est toi qui a essayé de nous tuer, tu es une sorcière… ». Tous se chuchotaient que l’empoisonnement ne pouvait venir que de notre mère mais sans preuve personne ne pouvait rien, même pas la police car la clé de la serrure de la cuisine n’était gardée que par mon père et sa défunte femme et leur domestique et la domestique avait son double en main avant de sortir faire des achats ce midi-là.

D’autres parlèrent d’envoûtement mais pour tous, notre maman avait tué sa coépouse pour avoir la paix…

Le seul qui pouvait faire condamner notre mère, c’était moi car je l’avais vu sortir de cette cuisine. « Notre mère était une meurtrière mais je ne pouvais rien dire à personne au risque de la voir morte et nous abandonner ». Je gardai le silence sur ce secret jusqu’à l’âge adulte.

Le double de la clé qui servit à la sale besogne, je ne la vis JAMAIS.

Notre père ne se remit jamais de ce décès, il ne nous accorda plus jamais son regard de père. Il était avec nous certes mais sans plus, nous avions définitivement perdu son amour car il fut toute sa vie persuadé que c’était notre mère qui avait tué sa femme. Hélas il avait raison mais je ne pouvais perdre nos deux parents à la fois.

Je me promis de parler de ce sujet à notre mère à mon âge adulte mais je n’en eus pas l’occasion car elle mourut des suites d’une maladie artérielle avant mes 18 ans, nous laissant ainsi avec un père qui à peine nous appelait enfants.

Je m’étais sentis coupable toute ma vie d’avoir gardé le silence sur cette situation mais que pouvais-je y faire ? J’étais un enfant et notre mère était une femme désespérée… Je me suis retrouvé entre les deux êtres que j’aimais le plus au monde, quel choix pouvais-je faire à l’âge de 11 ans ?

Recueilli et publié par Amé Océane CODJIA

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