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Analyse

Suicide au Togo : l’ultime recours ou signe d’une indifférence de la société ?

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Suicide au Togo : l’ultime recours ou signe d’une indifférence de la société ?
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Presque toujours ce même papier blanc.  Presque toujours ce texte manuscrit. Tel un testament. La signature  ce ceux qui partent volontairement. Deux petits chiffres pris au hasard : Togo  (Afrique de l’Ouest) 28 cas de suicide enregistrés  entre août et novembre 2019, France (Europe) : environ 9000 suicides par an. Le suicide qui était inconnu au Togo augmente de manière exponentielle et en silence. Que ce soit par pendaison, noyade, ou ingestion de produits nuisibles à la santé, etc. des compatriotes se donnent la mort. L’on devine aisément, derrière ses décès  des causes économiques, amoureuses, ou existentielles.

Autrefois, le suicide était quasi inexistant. L’amour du prochain, la solidarité, l’entraide ont été des principes qui ont été le ciment des sociétés africaines.

Mais force est de constater que face au choc des cultures et à  la mondialisation, nos valeurs s’effritent au contact de celles  importées. En temps normal, dans nos contrées, lorsqu’on est assailli par les problèmes de la vie, on compte sur sa famille et ses proches afin de s’en sortir. Mais de nos jours les relations humaines ont profondément changé. L’individualisme et l’égoïsme ont pris le pas sur le collectif.

L’être humain est devenu imperméable à la souffrance d’autrui. Le “nous” a cédé la place au “je”. Les inégalités se sont accrues : les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres. Les oubliés économiques  de la vie, seuls sans soutien n’ont d’autre choix que de se tourner vers la grande faucheuse. Les personnes en détresse émotionnelle, psychologique, ne peuvent plus compter sur une oreille attentive ou un bras sur qui se reposer. Conséquence : se donner la mort semble être la voie la plus simple pour mettre fins  ses problèmes, à ses souffrances ….

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Ces décès qui sont traités comme des faits divers doivent commencer par nous interpeller au vu de leur fréquence car ils touchent aujourd’hui toutes les catégories socio-professionnelles de la société. Ça n’arrive pas qu’aux autres. Demain un ami, frère ou parent pourrait en être victime. Il nous faut revenir à certains fondamentaux de la vie que sont : l’amour inconditionnel de son prochain et la bonté. Soutenons-nous vivants.

Combien de fois n’a pas-t-on vu un élan de solidarité impressionnant (visite de la famille du défunt, cotisation et dons en nature, funérailles somptueuses, faire bombance,)   envers les morts, alors que du vivant ces personnes ont vécu délaissé et dans la précarité.

Il nous faut changer de mentalités. Toutes les religions et croyances du monde mettent l’Homme au centre.

“Si quelqu’un qui possède les biens de ce monde voit son frère, dans le besoin et lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu peut-il demeurer en lui… N’aimons pas en paroles et avec la langue mais en actes et en vérité ” lit-ont dans 1 jean 3. 17-18. Dans le coran, Sourate 19, verset  96 il est écrit : “A ceux qui croient et font de bonnes œuvres, le Tout Miséricordieux accordera Son amour”. Alors la balle est dans notre camp.

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Le souffle humain est divin, est l’idéal serait que seul l’Éternel qui le donne puisse le retirer… Dans certains villages, les personnes mortes par suicide sont enterrés de manière immédiate, des fois à d’autres endroits que le cimetière, ou le cas échéant au pied du cimetière. Preuve que nos cultures n’ont pas pour le moment intégrés le suicide comme une mort normale.

Écrit par TAMAKLOE Efui Koffi

 

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